août 26, 2011

Compte-rendu de conférence

Posted in Comptes rendus de conférences at 11:13   par ASBL IMPEQes

INQAAHE conference 2011:
"Quality Assurance: foundation for the future"

4 – 7 avril 2011

Madrid, Espagne

La conférence était organisée par l’International Network for Quality Assurance Agencies in Higher Education, une association regroupant plus de 200 organismes actifs au niveau de la garantie qualité dans l’enseignement supérieur. La majorité des membres sont des Agences Qualité.

Le thème principal de la conférence "Quality Assurance: foundation for the future" a été subdivisé en quatre parties, chacune l’analysant à partir d’un axe différent.

La première partie abordait les conséquences de la globalisation pour les universités. Au cours de nombreux exposés, il a été constaté que deux termes sont, à tort, régulièrement utilisés comme synonymes : internationalisation et globalisation. En effet, l’internationalisation consiste à développer les relations avec d’autres pays à travers, par exemple les échanges d’étudiants et de personnels. La globalisation quant à elle est un "nouveau" phénomène qui nous affecte, de manière importante, et qui a été, dans le cas des universités, amplifiée notamment par les facteurs suivants : l’utilisation de l’anglais comme principale langue scientifique, les avancées technologiques qui facilitent la communication et accélèrent la circulation de l’information, la relative démocratisation des moyens transports, l’introduction des principes de marché dans les systèmes d’éducation et la création d’organismes internationaux par exemple l’INQAAHE, UNESCO, ENQA… Or, l’internationalisation est une réalité présente dans la vie des institutions de l’enseignement supérieur depuis de nombreuses années et bien avant la "globalisation".

Le deuxième sous-thème de la conférence était la professionnalisation de la garantie de la qualité étudiée du point de vue des agences mais également des institutions. Pour les premières, les critères primordiaux à respecter dans leurs processus d’évaluation sont les suivants:

-         les objets d’évaluation, les critères d’évaluation, la définition de la qualité, doivent être clairement énoncés ainsi que plusieurs autres notions essentielles ;
-         le contexte local ne peut être ignoré ;
-         l’objectif des évaluations, qui peut être l’accréditation, la certification ou l’émission d’un avis, et la procédure de décision doivent être fixés dès leur mise en place et ne peuvent être changés au cours d’un exercice d’évaluation ;
-         le processus d’évaluation doit s’appuyer sur l’autoévaluation des établissements sur base d’une documentation claire et respecter les procédures internes de garantie de la qualité des universités ;
-         l’indépendance des Agences est cruciale c’est-à-dire qu’aucune partie prenante ne doit pouvoir influencer leur fonctionnement, leurs procédures et les résultats d’évaluation ;
-         les Agences doivent avoir les ressources humaines et financières nécessaires pour effectuer les évaluations valablement ;
-         les Agences doivent mettre en place un système de garantie de la qualité interne pour elles-mêmes.

Ensuite, plusieurs volontés de développement pour les Agences ont été formulées. Il faudrait :

-         promouvoir les similarités et les différences des procédures d’évaluation car cela contribuera à maintenir la diversité au sein des systèmes d’enseignement supérieur ;
-         affiner la définition de la qualité car les définitions proposées actuellement, telles que "fitness for purpose", ne sont pas suffisamment précises ;
-         partager, au sein d’une méta-agence de type ISO, les critères, procédures d’évaluation et règles de décisions puisqu’une majorité (60%) seraient communs à tous les systèmes actuels.

En ce qui concerne le développement des démarches de garantie de la qualité dans les établissements, il a été établi qu’un juste équilibre entre la mobilisation de ressources supplémentaires et l’étude du processus lui-même doit être trouvé. Il a été démontré qu’en dessous d’un certain seuil les démarches qualité ne peuvent être efficaces que si des ressources leur sont consacrées, y compris en investissement de temps de la part des personnels. Néanmoins, des fonds supplémentaires n’amélioreront pas de manière constante et indéfinie la qualité d’une université. A un certain niveau de qualité atteint, la capacité d’amélioration diminuera de manière importante jusqu’à ne plus être "rentable" lorsque le point de saturation des ressources sera atteint. Il faudra, dès lors, étudier le processus, lui-même, pour continuer la progression. (cf. graphique ci-dessous)

Figure 1 : Ressources vs. Processes in Quality Management by José Rafael Toro, Universidad de los Andres, Bogota, Colombia, Abril 2011 – Présentation à la conférence organisée par l’INQAAHE

La troisième partie portait sur les processus d’assurance qualité qui permettent le développement, la diversité et la durabilité des universités. L’importance du benchmarking a été soulignée à de nombreuses reprises. Un des premiers moyens qui a été développé pour réaliser du benchmarking est le classement, également appelé ranking. Malheureusement, son utilisation erronée par la presse et en politique a largement diminué les bénéfices de telles études. Dès lors, il a été recommandé que les établissements de l’enseignement supérieur s’attèlent à la production d’informations alternatives, tout en impliquant, de manière très étroite, toutes les parties prenantes. Cela permettra de les éclairer d’une part sur le danger d’utilisation simple des rankings et, d’autre part, sur les réels bénéfices des démarches qualité.

Le quatrième et dernier thème abordé était l’indépendance des démarches de garantie qualité vis-à-vis des parties prenantes. A nouveau, l’importance de l’implication dans les procédures d’assurance qualité de toutes les parties prenantes, internes et externes aux institutions, a été soulignée. Toutefois, un des dangers est d’accorder trop d’importance à l’une d’entre-elles. Dans ce cas, des disfonctionnements pourraient être générés tels qu’une "sur bureaucratisation", des mécanismes de "window dressing" ou préparation de "l’effet vitrine", l’uniformisation des programmes, …

Pour conclure, plusieurs développements ont été proposés. Tout d’abord, une étude concernant les Agences qualité a été suggérée à partir de deux questions : "Quel est l’impact des Agences qualité ?" et "Sont-elles efficaces ?". Par la suite, il a été demandé aux Agences qualité de proposer de nouvelles méthodes d’évaluation. Le contrôle de tous les indicateurs ou standards n’est pas nécessaire, il est préférable d’analyser ce qui est important. En outre, il faut tenir compte des changements constants des contextes et des activités des universités. Finalement, il a été conseillé aux universités de développer une attitude positive concernant l’autonomie ("libre pour…") au lieu de l’attitude négative actuelle ("libérée de…"). Cela permettra aux établissements de l’enseignement supérieur d’être acteurs du changement du système, de garantir la diversité et de renforcer la confiance.

Sandrine Canter (ULB)

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